Thorgal
Je pourrais dire : "Ah, Thorgal, toute ma jeunesse!" Ca résume bien l'esprit dans lequel je souhaitais écrire cet article mais ce ne serait pas tout à fait exact. Alors soyons précis : "Ah, Thorgal, toute ma jeunesse, de 15 à 25 ans." Voilà, dix ans de ma vie pendant lesquels les aventures du faux viking, vrai fils des étoiles ont été importantes pour moi.
La notion de série me plaisait. Une série, ça se collectionne et une collection (surtout complète), ça rassure. Donc, après avoir lu mes premiers albums (pas les premiers d'ailleurs), je suis devenu accro. Il faut dire que Thorgal, c'est un peu la transition idéale pour passer de Boule et Bill à Manara Hugo Pratt.
Thorgal est un adulte, pas un adolescent. Son parcours n'est pas initiatique à proprement parler (car trop chaotique) mais présente un Destin. Sans m'identifier, je souhaitais savoir ce que l'avenir réservait à mon héros.
Et puis mon intérêt a diminué à mesure que la série s'allongeait.
Aujourd'hui, je préfère les "one shots" ou les séries courtes. Je n'attends pas le prochain épisode de Thorgal (ni de XIII) avec impatience. Je lui souhaite de pouvoir vieillir tranquillement et que ses enfants puissent grandir loin des planches.
Mais je n'oublierai pas les bons moments non plus. La propension de Jean Van Hamme à faire traîner certaines choses ou agrémenter ses intrigues de rebondissements parfois un peu calamiteux n'enlève que très peu à son talent (savoir-faire?). Les dessins de Rosinski sont tellement associés à Thorgal qu'on ne les voit presque plus. Son trait est d'une évidence déroutante. Impossible d'imaginer un autre style.
Et certains albums (au diable la série) se laissent relire avec un plaisir intact. Les archers (ou l'arrivée de Kriss, la brune maléfique opposée à Aaricia, la blonde angélique. C'est chouette, on ne nage pas dans le cliché), les complexes épisodes du pays Qâ et le simplissime mais magnifique Géants font toujours mon bonheur.
A bientôt pour de nouvelles aventures !