Une pièce montée
Simplicité et légèreté.
Deux qualificatifs souvent dépréciés alors qu'il s'agit de vraies qualités. Oui, le premier roman de Blandine Le Callet est simple et léger mais c'est précisément pour cela qu'il nous permet de toucher au plaisir premier de la lecture : l'évasion.
Je me suis donc évadé en lisant ... un "roman de mariage", bourgeois qui plus est ! Ben si.
Les deux principaux facteurs de cette séduction immédiate sont la narration et le ton.
La narration, sans être d’une originalité folle (cf A game of thrones) nous permet de voir cette belle journée sous 8 angles différents. Cette vision fragmentaire donne une très sympathique impression d’omniscience progressive et on a finalement le sentiment d’avoir effectivement été invité à ce mariage ... et même plusieurs fois. Les différents points de vue se croisent, se complètent et créent un phénomène de dépendance : au bout de deux chapitres, on tombe dans la lecture compulsive.
Le ton quant à lui parvient à rester toujours vrai. La trame est finalement relativement convenue, la plupart des "surprises" sont parfaitement prévisibles mais l’auteure dépasse la simple "comédie dramatique" car les sentiments sonnent justes et sont surtout couverts d’un vernis doux-amer. A force de piques légères, on finit par avoir une vraie critique. Jamais d’attaques frontales mais tout ce petit monde (les bourgeois, les arrivistes, les matérialistes, ...) ne s’en sortira pas sans quelques égratignures. Et cette sorte de justice en creux fait du bien, comme la lecture de ce roman.
A bientôt pour de nouvelles aventures !
L'avis de Thom est là !