The Jon Spencer Blues Explosion - Acme
Avant que tout le monde ne se jette sur les Franz Ferdinand comme la vérole sur le bas clergé (modeste participation au concours d'expressions à la con de Bakemono), nous écoutions les Strokes et les White Stripes comme des oufs. Et juste avant, souvenez-vous... Non, ce n'était pas le desert! Le rock n'a pas été sauvé par Jack White ou Julian Casablancas (ce nom...). Quelqu'un préservait la flamme, la protégeait du soufle puissant de la soupe qui dominant les charts à la fin des nineties. Cet homme (que voilà) s'appelle Jon Spencer.
Acme est sorti en 1998 et il fait parti de mes disques "fondations", ceux sur lesquels on peut s'appuyer en toutes circonstances, ceux aussi qui m'ont permis de poursuivre ma quête de découvertes musicales.
Petite parenthèse : c'est aussi un excellent disque pour "se laver les oreilles", vous savez ce sentiment horrible de passer du bon temps avec des gens supers qui écoutent l'inaudible ou dans un endroit où vous subissez le fond sonore (fête du vin, mariage, ce genre). Eh bien après ça, un petit coup de Metallica ou de JSBX pour se laver les oreilles et ça repart !
Ce qui donne son côté unique à cet album, c'est son esprit. Il s'en dégage un parfum de pionniers, un peu comme si Elvis et Carl Perkins découvraient la guitare et inventaient le rock, mais en 1998. Ce disque est d'une intemporalité sidérante, malgré les bidouilles électroniques qu'on peut y entendre.
Aucun producteur n'est crédité pour l'album mais les morceaux sont enregistrés pour la moitié d'entre eux par Steve Albini (oui, oui, celui des Pixies, de Nirvana, de Dionysos) et mixé par Dan The Automator (oui, oui, celui de Gorillaz). Le résultat est brut comme du Albini et malin comme seul les plus malins des djs savent l'être: discrètement.
Mais c'est avant tout un énorme disque de rock'n'roll, oscillant entre du lourd et une sorte de blues-punk qui est la marque de fabrique du groupe. Le tout avec une unité stupéfiante et une durée parfaite.
Bien que le trio envoie du bois et que Spencer hurle de temps à autre, ce disque est celui qui offre le meilleur compromis accessibilité / réussite de leur discographie. Les précédents ne sont pas évidents à approcher et les suivants un peu moins accrocheurs. Par contre, si celui-ci vous plait, il existe une suite, Acme Plus constitué de faces B et de remix des mêmes sessions, qui vaut le détour.
A bientôt pour de nouvelles aventures !