Mesopotamia
- Oui, des jeux de société modernes.
- Comme quoi ? Le Monopoly édition "Star Wars"?
- Non, non, des jeux comme les "Colons de Catane" ou "Carcassonne".
- …
- Des jeux dans lesquels tu poses des tuiles pour construire un paysage et essayer de développer ta ville. Tu vois, ce genre.
Comme à chaque fois, le joueur, peinant à décrire sa passion, fait appel à ce qu'il croit être deux énormes succès : les colons de Klaus Teuber et Carcassonne de Klaus-Jürgen Wrede. Et ne voit bien souvent aucune lueur de compréhension dans l'œil de son interlocuteur. Mais je ne voulais pas vous attendrir sur les grands moments de solitude du ludopathe au fond des bois. Non, je voulais vous toucher un mot de Mesopotamia, un autre jeu de développement de l'auteur de Carcassonne justement. Un jeu bien meilleur, si je peux me permettre.
Le thème de Mesopotamia n'est franchement pas très sexy puisqu'il s'agit de construire des huttes et des temples afin de produire de la "mana" pour pouvoir livrer des offrandes à un dieu. Ah, quand même. Je crois qu'on va laisser tomber cette histoire de thème…
Voilà un jeu de développement vraiment stratégique pour tous. A son tour, on peut déplacer ses tribus et éventuellement explorer pour agrandir le plateau et découvrir de nouvelles ressources. Ensuite, on a droit à une action: soit la reproduction, soit la construction de temples ou de huttes, soit la pioche d'une carte boostant une des actions précitées. Enfin on collecte sa mana et c'est déjà au joueur suivant.
J'aime beaucoup la forme: les ressources de pierres sont de vrais petits cailloux et les ressources de bois sont de vrais petits bouts de bois. Autre aspect non négligeable, les tuiles constituant le plateau s'encastrent. C'est très pratique pour les maladroits …
J'aime beaucoup le fond: différentes stratégies mènent à la victoire (bon, aucune des miennes, jusqu'à présent, certes) et les fins de parties sont toujours très très serrées. Le jeu n'est pas dénué d'interaction dans la mesure où il possible de voler des ressources à ces adversaires et d'aller produire de l'énergie divine dans leur temple. Eh, eh.
En résumé, il s'agit d'un jeu qui par sa complexité, sa durée et les sentiments qu'il me procure me fait penser à Torres. Il est bien sûr trop tôt pour savoir si Mesopotamia marquera autant son époque ludique que Torres mais je crois qu'il le mériterait.
Au passage, Torres, c'était ma première chronique de jeu, il y a un an déjà !
A bientôt pour de nouvelles aventures !