Le son
Je reconnais que je collectionne les disques. On n'achète pas 400 disques en 10 ans parce qu'on aime écouter de la musique. Pas seulement.
C'est pas grave et c'est moins cher qu'un psy (quoique, parfois, la question peut se poser...)
Mais je n'ai pas le virus du son.
J'en profite pour glisser un large extrait d'un texte de Philippe Manouevre, un de mes héros littéraire.
"Racontons nos chaînes, dans l'ordre. Courant seventies, il semble que la mirifique chaîne achetée via l'annonce de R&F crachote, bafouille et n'est qu'un leurre. Pourtant, du matériel allemand ? Lors d'un premier voyage aux Etats-Unis, éclairement : là-bas, tout le monde est équipé japonais. Il faut entendre Steppenwolf sur une chaîne nippone...
Ces basses, ces coups de cymbales, on se retrouve scotché au plafond. De retour en France, je prends le problème à bras le corps d'une manière totalement yankee : il nous fallait une chaîne japonaise, nous l'obtiendrons, goddamnitt. Incapable de vendre du crack à des gansta-rappers (non pour une quelconque question de morale mais bien parce que ni l'un ni les autres n'existent encore) je deviens assistant libraire, classeur de dossiers périmés à la Sécurité Soociale (rue de Dunkerque) et finalement, raidi d'orgueil et d'un menu pactole, j'ose pénétrer dans un magasin de hi-fi, moquette noir et rouge. Flash. Le vendeur, un pro, m'évalue en deux secondes et trois dixièmes. D'un geste serein, il pose l'album "Fireball" de Deep Purple sur la platine Thorens et ...orgasme électrique.
Je ressors, totalement étourdi et acquis à la cause de la marque Sansui. J'ai tout pris : l'ampli Sansui, les enceintes Sansui. Il a fallu deux hommes pour m'empêcher de prendre le disque de démonstration.
A la maison, ce n'est pas tout à fait le même son. Des années plus tard, le vendeur retrouvé dans une convention m'expliquera que c'est normal. Corsaires, les premiers roitelets de la hi-fi dissimulaient des équaliseurs derrière les amplis pour booster le matos."
Pour ma part, l'équipement se compose d'une platine antédilluvienne, d'un ampli Yamaha dit "d'entrée de gamme" et de superbes enceintes JMLab.
L'adjectif qualificatif décrivant la platine n'a pas été choisi au hasard : Noé écoutait réellement ses cds Nature et Découverte sur un modèle similaire. Elle a presque déménagé aussi souvent que moi, mais reste fidèle au poste (ah, ah), vaillante. La seule coquetterie qu'elle s'est offerte, s'est d'éteindre définitivement le petit écran précisant le numéro et la durée de la piste. Ce n'est d'ailleurs pas pour me déplaire, je n'apprécie que modérement l'effet "Sapin de Noël" d'une certaine génération de chaîne.
L'ampli est une belle bête de 12 kg ramenée en train de Mayence où je l'ai payé la moitié du prix communément pratiqué à l'époque de ce côté du Rhin. (C'était un modèle d'exposition mais ça ne fait pas tout.) Il est multi-fonction mais pratique et efficace. (Incroyables ces amplis, moins ils en font, plus ils sont chers.)
Les enceintes sont très volumineuses, pas forcément très design mais j'aime le son qu'elles produisent, à la fois précis et chaleureux.
Je suis un garçon raisonnable : le matériel n'évolue qu'en cas de nécessité. Pas accro à la hi-fi, le principal, ça reste tout de même d'écouter de la musique, non ?
A bientôt pour de nouvelles aventures !