Je lis deux auteurs sud-américains : Sepulveda le Chilien et Garcia Marquez le Colombien. Ils ont, à mon sens, peu de choses en commun en dehors de leur continent d'origine et je ne les aime d'ailleurs pas pour les mêmes raisons. J'aime les intrigues de Sepulveda, son humour et son engagement. J'aime la façon dont Garcia Marquez parvient à laisser le temps au temps sans jamais être ennuyeux. Comme la nouvelle est précisément un genre dans lequel l'auteur doit planter son décor et ses personnages rapidement, j'étais curieux de lire ce recueil.Au final et bien que je sente parfaitement les deux aspects qui lient ces 12 contes (les sud-américains en Europe et une légère touche de fantastique), je les ai trouvées très inégaux. Certains m'ont enchanté alors que d'autres tombent complètement à plat. J'ai adoré Je ne voulais que téléphoner, de loin le meilleur récit, celui d'une femme prise en stop par un autocar se dirigeant vers un asile d'aliénées. En revanche, j'ai du relire les deux dernières pages de Maria dos Prazeres pour en comprendre la chute. Et encore, je ne suis pas certain d'avoir tout bien compris.
J'aime toujours l'auteur, j'aime toujours le genre mais cet ouvrage m'a suffisamment déçu pour que je ne le conseille qu'aux inconditionnels de G Garcia Marquez ou de recueils de nouvelles décalées.
A bientôt pour de nouvelles aventures !
Faisons un instant fi de ma bonne vieille psychorigidité : ceci n'est pas l'article de la catégorie Lectures que vous attendiez tous (première entorse) et je vais même vous parler un peu d'ma vie. (deuxième entorse, trouvez-moi un kiné)
... j'ai des trucs a vous raconter.
La famille s'est agrandie !
Notre petite Lison est née la semaine dernière.
Je suis donc papa pour la deuxième fois et je flotte béatement sur un petit nuage.
La conséquence première, c'est que mon congé parental va bientôt débuter. Parental, hein, pas "de paternité". Le parental, c'est celui qui dure un an renouvelable deux fois. Une nouvelle vie, une vraie aventure qui commence. Surtout une envie qui se concrétise.
En théorie, cela ne devrait pas avoir de conséquences majeures sur la vie de "C'est pas parce qu'on a rien à dire...".
En pratique, j'ai écrit 80% de ses pages au boulot. (Je n'en éprouve d'ailleurs ni honte, ni fierté, c'est comme ça).
Alors aujourd'hui, je suis un peu dans l'expectative. Il me faut un peu de temps pour trouver un rythme et, simplement, un feeling pour bloguer depuis ma maison. C'est tout.
J'en profite pour (vous) écrire que j'ai été super touché par votre gentillesse et votre fidélité en ce début d'année 2007 alors que j'ai très peu publié. Merci beaucoup !
A bientôt pour de nouvelles aventures !
Mr Jack est un jeu qui a une histoire.
Il était une fois deux auteurs renommés persuadés de tenir un bon jeu. Pourtant aucun éditeur de jeux de société n'était prêt à le publier sous prétexte qu'il s'agissait d'un produit pour deux joueurs et que ce n'était pas dans l'air du temps. Des histoires de risque financier et de retour sur investissement. Beurk.
Alors les deux auteurs décidèrent de passer par une maison produisant de très petites séries de jeux, un à un, artisanalement. Les 450 exemplaires (je ne suis plus certain du nombre exact mais l'ordre d'idée est le bon) ont disparu en quelques jours. Le jeu a suffisamment plu pour qu'une poignée de Suisses décident de fonder une maison d'édition juste pour ce jeu-là. Bref un succès. Amplement mérité car Mr Jack est un jeu exceptionnel.
L'action se situe à Londres dans le quartier de Whitechapel, une nuit de brouillard. Vous êtes Jack l'éventreur (et votre véritable identité est secrète) OU l'Enquêteur (auquel cas vous êtes multiple).
Premier point positif : le jeu n'est pas symétrique, chacun dispose d'un objectif différent : arrêter le coupable ou sortir de Whitechapel.
Deuxième point positif : les deux joueurs jouent alternativement tous les personnages présents sur le plateau.
Troisième point positif : le jeu est magnifique (bravo à l'éditeur et à l'illustrateur, on frôle la perfection).
Et il ne faut surtout pas oublier les mécanismes du jeu qui sont riches et extrêmement bien huilés et assez logiques pour que le déroulement du jeu et la capacité des différents personnages soient évidents dès la première partie !
Mr Jack est un jeu à essayer absolument. Voilà, c'est dit.
A bientôt pour de nouvelles aventures !
Prenez 10 fans de rock en français et demandez leur quel est leur album préféré de Noir Désir.2 vous diront que c'était mieux avant en vous citant une des trois premières galettes.
Celui qui les a vu 7 fois en concert vous dira que seuls les lives comptent.
Le fan inavoué de Radiohead répondra Des visages des figures.
Je suis le 10ème. Celui dont le chouchou est 666 667 club.
L'album commence par un morceau qui ressemble étrangement à une chanson cachée ou à une face B. Le truc pas vendeur par excellence : l'instrumental sauvage sur lequel le chanteur crie / hulule / fait son shaman déjanté suivant la façon dont vous voyez les choses. Sa voix s'entremêle avec la première intervention d'Akosh S. qui reviendra poser de ses clarinettes et autres stridences tout au long du parcours. C'est le titre à zapper pour découvrir ou faire découvrir le disque. Moi-même, au début, je ne l'écoutais pas à tous les coups. Maintenant, il me manquerait terriblement, il fait complètement partie de l'aventure. Et puis la rythmique est fantastique.
Viennent ensuite les deux morceaux politico-sociologiques : Fin de siècle et Un jour en France. Ils forment un tel diptyque que le premier fini sur un bref instrumental, histoire de casser le rythme. Le son est rock et débarrassé des scories noisy du passé. Ces deux titres sont, curieusement, à la fois moderne et indémodable (en tous cas, 10 ans après, ça n'a pas pris une ride). Malheureusement toujours d'actualité aussi: "il faut produire et reproduire encore" ou "quelques fascisants autour de 15%".
Puis, c'est A ton étoile, un titre que je trouve moyen. Par contre, j'aime bien sa version chantée en espagnol (Hasta tu estralla). Si vous tombez dessus au hasard de vos pérégrinations dans le internet, jetez-y une oreille…
Ernestine amène un peu de calme. Le morceau tient en grande partie sur ce violon tout simplement parfait.
Ensuite, c'est 2 minutes et quelques secondes de bonheur total. Comme elle vient. Un sprint, une explosion, un défouloir. Le morceau a chanté dans sa voiture, celui qui donne la pêche en toutes circonstance, la fusée, le réveil, la claque. Tout. Combien de fois ai-je hurlé "À se changer en roi, à hurler à la lune, à traquer la fortune…" Au passage, je ne sais toujours pas où B. Cantat voulait en venir mais ça n'a franchement aucune importance.
Les deux titres suivants (Les persiennes et Prayer for a wanker) auraient trouvé leur place sur Du ciment sous les plaines. C'est du Noir Désir pur jus, grave, riche et beau. A ce détail près qu'Akosh S. vient illuminer le final des Persiennes. Je serai bien incapable d'écouter un album entier de cet homme-là mais sur ce disque, je trouve que "ça le fait bien".
En ce sens, ces titres peuvent aussi être vus comme la transition entre l'ancien et le nouveau ND.
L'homme pressé est passé partout, je pense l'avoir entendu à peu près aussi souvent que Sunday bloody Sunday. Sauf que je ne m'en lasse pas. (Un certain Doc Gynéco en a même fait une reprise ...catastrophique.)
Lazy, deuxième morceau en anglais, est un excellent titre dont le final me fait invariablement penser à ce qu'en disant le groupe à l'époque de sa sortie: "on s'est aperçu que plutôt que de jouer tous à fond en même temps, on pouvait aussi le faire alternativement". Même si ce n'est pas exactement ce qu'on entend là…
A la longue est une chanson d'amour. Amour tumultueux, mais amour tout de même. La fin, tout en sous-entendu, me fait toujours sourire. Et puis Bertrand ne chante pas beaucoup mais sa voix complète parfaitement cette ambiance qui parvient à être à la fois délétère et poisseuse.
La transition entre Tostaki et 666 667 est marquée par le départ du bassiste Fred Vidalenc. Il laisse en partant un morceau magique et indescriptible. Ca s'appelle Septembre en attendant. Etrangement, il s'agit d'une sorte de piste permettant là aussi d'imaginer le visage du Noir Désir de 2001. (Indépendamment du fait qu'en 2001, j'ai attendu (le 11) septembre tout l'été puisque c'était la date de sortie du nouvel album...)
Un dernier morceau (Song for JLP) a été écrit et enregistré alors que le groupe bouclait l'album et apprenait la disparition de Jeffrey Lee Price, le chanteur du groupe américain Gun Club qui faisait partie des influences des bordelais. C'est une plainte rauque et minimaliste, éraillée. Pour revenir aux déclarations du groupe de l'époque, l'album ne contient aucune guitare acoustique… en dehors de celle-ci qui est en réalité une électrique débranchée.
Que dire de plus ? Eclectisme, intelligence, puissance, classe, tout est là. (Todo esta aqui).
A bientôt pour de nouvelles aventures !



