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Jeudi 10 mai 2007

Au bout de 28 chroniques de jeux de société, vous devez vous dire que je suis un gros bisounours qui aime tous les jeux et que toutlemondeilestbeau-toutlemondeilestgentil.
Non.
Curieusement et sans vouloir faire mon snob une seconde, il existe trois jeux que je n'apprécie que très modérément : les Colons de Catane, Carcassonne et Alhambra. Curieusement car il s'agit de jeux dits "à l'Allemande" (pose de tuiles, gains de points de victoires et petits claculs niark, niark, niark), genre que j'affectionne traditionnellement.
Et sans vouloir faire mon snob une seconde car nous parlons de trois "Spiel des Jahres" (une sorte d'award du meilleur César du jeu du mooonde) qui se vendent un peu comme des lance-roquettes à Bagdad. Pour résumer, je trouve le premier ennuyeux, le second mal né et le troisième à la fois complexe (la manipulation du matériel) et simpliste (stratégie ?).


Dans California, à chaque tour, vous devez soit prendre de l'argent, soit utiliser cet argent en achetant des pièces (et des objets) vous permettant de meubler la villa dont vous avez hérité en essayant de remplir des objectifs.
Ce principe vous rappelle quelque chose ? C'est que vous avez déjà eu l'occasion de jouer à Alhambra.
Pourquoi l'un me plaît et pas l'autre ? Tout simplement parce qu'il a moins de manipulations à faire dans California notamment grâce à l'absence du côté hyper fastidieux des quatre monnaies. Et parce que j'ai le sentiment que les choix que je fais sont réels et pas simplement mécanique. Contrairement à son cousin éloigné, California n'est pas "un jeu qui joue tout seul". Peu de décisions sont évidentes a priori.


De plus, je trouve les petites idées annexes amusantes : points de victoire attribués au premier rassemblant une piscine et un piano ou un billard et un chien ou les points amenés par les invités se joignant à vos pendaisons de crémaillère.

California est certes un jeu simple mais il est suffisamment agréable à jouer, abouti et logique pour me donner souvent envie de le faire découvrir à d'autres, fins stratèges ou non.


A bientôt pour de nouvelles aventures !

par mxmm publié dans : Jeux
Mardi 8 mai 2007

Il y a des artistes dont la discographie me laisse relativement froid mais dont un disque en particulier fait figure d'énorme exception.
Je ne suis pas fan de Françoise Hardy mais j'adore Le danger.
Je ne comprends pas l'engouement que suscite Radiohead mais je considère que The Bends est une pure merveille.
Il en va de même pour Patrick Bruel. Le disque à l'origine de la Bruelmania (eh oui, ça ne nous rajeunit pas) était sympathique, celui qui a suivi l'album chroniqué ici était correct et le dernier ... audible.
Mais ce troisième effort, mes amis, quel bonheur !
Je vois trois raisons pour lesquelles cet album se distingue des autres : le son, la cohérence et ... le chant.

Musicalement, c'est très simple, c'est ce que Bruel a fait de plus proche de Black Sabbath. Ok, j'exagère un peu. Mais le son est plus pop-rock voire rock que jamais. On est loin des musiquettes mollassonnes auxquels la variété française nous habitue. Les guitares sont en avant, les basses rondes et réussies et les claviers penchent du côté Hammond et Wurlizer, pas Bontempi. Seul le son de la batterie est décevant : la production est parfois marquée de ce côté-là et il faut bien reconnaître que ça a (déjà) vieilli. Et il y a sur le disque une majorité de titres rapides ce qui met bien sûr les ballades en valeur. Les arrangements se font alors acoustiques, d'une simplicité déconcertante et pour une fois, on a vraiment envie de les écouter !

Coté texte, on frise également le sans faute. D'abord Patrick s'éloigne occasionnellement de ses thèmes de prédilection puisqu'il parle de l'hypocrisie des mondanités, de la vie en rock, de la télé réalité ou d'amour de façon très sensuel. Mais l'ensemble des textes dégage surtout une impression de cohérence, un sentiment de concept album non assumé. Ce serait l'histoire d'un mec qui se ferait larguer et qui irait traîner chez un copain (pas de chance, c'est son anniversaire, il a invité plein de gens (Quoique)). Une fois que tout le monde est parti, ils regardent la télé (Qu'est-ce tu crois...), parlent du bon vieux temps (Demain le monde) et refont le monde (Combien de murs). Il finit par se dire que changer d'air lui ferait du bien (Joue, Docteur joue) et passe un peu de temps en ville, (En bas des marches). Il en profite pour remonter le moral à vieux pote (On t'attendait) et retourne conquérir sa belle avec force mea culpa et promesses de beaux lendemains (le reste du disque).

Alors bien entendu, l'album n'est pas exempt de défauts (Meteor show, ce sera pour une autre fois) : certains titres jouent dangereusement avec la facilité (Rien à perdre), Combien de murs est pénible à mon goût alors que Qu'est que tu crois veut tellement dénoncer la vulgarité qu'elle en devient elle-même limite.

Mais ces petits accrocs sont à mon sens largement rattrapés par ce qu'il faut bien appeler la performance de l'artiste : le chanteur du disque est génial.
Premier point, Bruel exploite sa voix au maximum : il murmure, il gueule, il caresse, il chuchote, il harangue et il séduit. Il semble en retrait et soudain boum, ça chante, ça explose. Avec toujours ce petit grain et cette étincelle que Raphaël n'aura jamais. (Non, non, laissez-le dormir).
Deuxième point, il y a sur ce disque quelque chose de rare et de parfaitement inestimable : de l'humour et mieux encore de l'auto-dérision. J'adore entendre l'interprète sourire pendant sa chanson, je trouve ça touchant mais lorsqu'on ose chanter quelque chose comme :

L'oreille collée à la radio
Un type qui braille pour qu'elle revienne
C'est fou c' que c' type manque de pudeur...
Sûrement comme moi, quand tu partiras
D'ailleurs t'es partie tout à l'heure

Et tu danseras plus avec moi...
Je marche de la chambre à la chambre
A piétiner mes souvenirs
Puis cette chanson, marre de l'entendre...
Eh ! chanteur, faut qu' tu réagisses

Ce n'est plus touchant, c'est franchement jouissif.

J'estime que Patrick Bruel est bien meilleur acteur que chanteur (son charme incroyable lui donne un présence folle) mais ce disque-là fait partie des réussites de notre homme, à n'en pas douter.

A bientôt pour de nouvelles aventures !
Lundi 9 avril 2007


Les petits plus : exemplaire unique dans ma modeste collection : le flyer-CV avec la photo. Certes, lorsqu'on a un regard de tueur comme ça, on DOIT être un marabout très puissant. (ou alors c'est la coke).

D'un autre côté, la photo, c'est peut-être quelque chose de très commun chez les marabouts du XVIIIème ... (merci Oliv. pour ce flyer !!!)


C'est en train de devenir un classique mais je ne peux pas m'empêcher d'en remettre une couche, c'est bien sûr le couple "retour immédiat de l'être aimé(e)" / "Résultats en 3 jours". J'adore.


A bientôt pour de nouvelles aventures !
Jeudi 5 avril 2007
Je ne m'étais encore jamais garé aussi loin de la Laiterie. Il semblerait que les Kasabian soient venus à Strasbourg précédés par leur réputation.

Ce soir-là, le concert est effectivement complet mais je commence à me demander si le "buzz" est justifié...

Après une première partie agréable sans être particulièrement marquante (le trio Black Daniel), le gang arrive à l'heure et balance d'entrée de jeu un Shoot the runner impeccable. Pendant la première moitié du concert,  le groupe semble bridé. On a l'impression qu'ils ne sont pas remis d'avoir écrit leur deuxième album, qu'ils le trouvent trop bon et craignent de l'abîmer en live. Les bons moments s'enchaînent néanmoins et font regretter, une fois de plus, de n'avoir jamais assisté à un concert des Stones Roses (By my side, Sun shines time flies aussi psychédéliques qu'efficaces).

Puis le chanteur s'éclipse pour laisser la place au guitariste et principal compositeur du groupe : Serge Pizzorno. On comprend immédiatement pourquoi cet homme a embauché un chanteur.
Peu après, on a le sentiment de rentrer dans la deuxième mi-temps du concert : le groupe attaque ses morceaux les plus éléctros ainsi que les bombes du premier album. Kasabian ne parvient pas à transformer la Laiterie en discothèque géante mais se décomplexe, joue relâché et donc à pleine mesure.
Le public apprécie et en redemande. So be it.

Au final, on a assisté à une belle prestation, groupée, avec des musiciens qui ont envie de donner quelque chose. Merci à eux.
On attend donc la suite avec impatience.


A bientôt pour de nouvelles aventures !

L'avis d'Alex La Baronne
(qui a visiblement assisté au même concert !)
Mardi 3 avril 2007
J'avais aimé 8 femmes parce que ça pétillait.
J'avais aimé Sous le sable même si c'était triste à mourir.
J'avais aimé Sitcom parce que c'était décalé (euphémisme).
J'avais aimé Swimming pool tout court.

Sauf que là, ma dulcinée et moi venons de voir deux films de François Ozon suffisamment dispensables pour nous faire douter de nos sentiments envers le cinéaste. (Pour éviter tout malentendu, je précise que ma dulcinée a détesté Sitcom)

5 x 2 est plat. C'est volontairement frontal mais bien trop à mon goût. Je suis certainement trop fleur bleue mais cette vision de la vie conjugale est beaucoup trop noire, triste et dure pour rester réaliste. Une histoire avec si peu d'humour, de second degré, de vie et d'amour finalement, ce n'est pas possible. En tous cas, j'ai du mal à y croire.
Un aspect que j'ai aimé : la construction faite d'instantanés présentés à rebours (le divorce, les soucis, la naissance, le mariage, la rencontre) est intéressante. Sur le DVD, il est possible de voir l'histoire dans l'ordre chronologique et je pense que cela n'aurait alors vraiment plus aucun intérêt.

Dur, triste et noir sont des adjectifs qui s'appliquent parfaitement au personnage central de Gouttes d'eau sur pierres brûlantes. Là, encore, cet homme est tellement monstrueux qu'il en devient inhumain, que plus aucune empathie n'est possible. D'un autre côté, on ne parvient pas réellement à comprendre comment ses victimes peuvent l'aimer autant. Une nouvelle fois, l'extrémisme tue toute crédibilité.
Un aspect que j'ai aimé : il s'agit de l'adaptation d'une pièce écrite par le réalisateur allemand  RW Fassbinder et Ozon joue à fond la carte du germanisme et du kitsch. Les fringues, la musique et une petite chorégraphie d'anthologie viennent pimenter ce huis clos angoissant, visant lui aussi à démontrer l'impossibilité d'une vie conjugale équilibrée.
Si ça se trouve, tout le problème vient de là.


A bientôt pour de nouvelles aventures !
 
 
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